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L E S B R E T O N N I S M E S
Hervé Lossec - 2010
Skol Vreizh - 102 pages Breton et fier de l'être
Best-seller, c'est l'anglicisme que je me permets d'utiliser pour qualifier cet ouvrage dont la vente, à ce jour, est
phénoménale. Déjà cent cinquante mille exemplaires !
Né en 1947 à Lesneven, Hervé Lossec est léonard et bretonnant de langue maternelle. A partir des années 40, une transition brutale s'est effectuée dans la vie sociale bretonne avec le rejet massif du breton par la République française qui ne voulait promouvoir qu'une seule langue : le français. A l'école et l'église, deux lieux fondamentaux à l'époque, la langue régionale est devenue interdite. Dans le milieu rural, cependant, la mutation linguistique a pris plus de temps et l'auteur a ainsi parlé exclusivement breton jusqu'à ses cinq ans. Ce n'est que bien plus tard, en étudiant à nouveau sa langue maternelle, que l'écrivain a décelé les liens profonds qui l'unissaient avec le français. Quand vous vous intéressez aux bretonnismes, vous vous exposez au risque d'en voir partout et ce très rapidement annonce-t-il. Les bretonnants, bien sûr, intercalent une quantité phénoménale de mots bretons dans leur usage du français ; mais, plus étonnant encore, beaucoup de nos compatriotes qui ne connaissent aucun mot de breton utilisent des tournures ou formules pourtant issues de cette langue ! Ceux qui vivent ou ont vécu en Basse-Bretagne (à l'ouest de la frontière linguistique Saint-Brieuc/Vannes) apprendront énormément à travers ce petit précis. Pour ma part, les quelques mots ci-dessous que j'entends depuis mon plus jeune âge ont enfin trouvé une orthographe et une signification académiques. A-dreuz = A l'envers. Distribilh = En désordre, inachevé. Forzh penaos = N'importe comment. Louzoù = Médicament. Lichouz = Gourmand (qui aime les lichouseries). Faire du reuz = Faire du bruit, du buzz (comme c'est la mode !). Cuche = Queue de cheval. Droche = Ecervelé, ridicule. Grignous = Pleurnichard. Restachoù = Restes (dans un plat). Startijenn = Entrain, tonus. Strouilhon = Sale, désordonné. Tagnous = Grincheux, teigneux. Justik = Tout juste. Moutik = Mignon. Drolik = Bizarre. Pikez = Chipie, coquine. Riboul = Passage étroit. Bloñser = Meurtrir (un fruit bloñsé). Lonker = Avaler comme un glouton. Spontus = Epouvantable, formidable (suivant le contexte). Euc'h ! = Beurk ! Pouah ! Ma ! = Ca alors ! C'est pas vrai ! (exprime l'étonnement). Mar plij ! = S'il vous plaît ! (dans le sens de chapeau !). Tos-tos = Auto-tamponneuses (origine germanique à la base, puis passage par le breton avant d'être francisé avec le verbe tosser utilisé dans le milieu maritime lorsqu'un bateau cogne le quai par exemple). Attraper son pegement = Se faire remettre en place. Partir en pilhoù = Partir en chiffons, en loques. Etre dans le lagenn = Etre dans le bourbier, les choses n'avancent pas. Avoir des pikouz dans les yeux = Avoir des crottes dans le coin des yeux. Quelques exemples d'expressions qui sont typiquement issues du breton : Attention de tomber = Attention à ne pas tomber. Casser la soif = Assouvir la soif. Nous voilà propres = Nous voilà dans de beaux draps. Ruser ses pieds = Traîner ses pieds sur le sol. C'est pas tout = Bon, je retourne à mes affaires (employé pour mettre fin à une conversation). Faire de l'essence = S'approvisionner en essence. Pour conclure, citons les chiffres éloquents fournis par l'auteur et eux-mêmes issus d'une étude de l'Unesco sur le bilinguisme : 72% de la population mondiale utilisent deux langues dans la vie quotidienne. 68 millions d'Européens utilisent tous les jours une autre langue que la langue officielle de leur propre Etat. Seuls deux pays européens ne reconnaissent pas les langues dites "minoritaires" : la Grèce et la France. L'auteur termine par une liste de verbes, de prépositions, de façons de conjuguer qui sont parfaitement compréhensibles en Bretagne mais non conformes à la langue de Molière. Enfin, saluons la simplicité et la pédagogie de Hervé Lossec dans ce petit livre coloré et agréable à lire. Et comme il le dit fièrement : N'hésitons donc pas à colorer de bretonnismes notre parler courant pour affirmer notre identité à l'époque de la mondialisation galopante. Employer des bretonnismes [...] n'est pas du tout incompatible avec la maîtrise du français académique. [Critique publiée le 09/07/11]
M O N U T O P I E Albert Jacquard - 2006 Stock - 194 pages La vision d'un sage
Albert Jacquard peut aujourd'hui être considéré comme un sage. Son expérience de la vie, ses rencontres, les réflexions qu'il a menées depuis
de longues années et surtout le fait que l'âge avance l'ont conduit en 2006 à proposer le monde qu'il aimerait voir naître pour les nouvelles
générations. L'utopie du grand généticien est un vivier d'idées pour expérimenter de nouvelles formes d'organisations humaines. Nos dirigeants, animés par l'action dans le court terme, ont-ils même conscience des clés proposées ici ? L'auteur commence par tracer son parcours avec une enfance enfermée dans les livres et un passage par Polytechnique où, travestit en soldat dit-il, il n'a jamais "rencontré" les enseignants et les élèves qui l'entouraient. A trente-neuf ans, il décide de suivre des cours de génétique à l'université Paris-VI et découvre une discipline en plein essor : la génétique des populations. Sa carrière d'enseignant lui a ensuite montré à quel point le système éducatif français était étriqué dans ses convictions. Car l'homme est convaincu de la place de l'enseignement dans la résolution des maux de ce monde : C'est à l'école que se joue l'avenir; c'est donc autour de l'école qu'il faut tenter d'articuler un projet. Se plaçant en total désaccord avec l'esprit de compétition qui règne dans les classes, Jacquard fait l'éloge de la lenteur et revendique la place que devrait avoir l'école dans la construction sociale d'un individu : La lenteur dans la compréhension est donc plutôt un signe favorable. Quand il s'agit d'assimiler des idées nouvelles, la vitesse est inquiétante car elle peut être synonyme de superficialité. L'école est là pour aider l'enfant à devenir lui-même, un lui-même qui n'est pas défini à l'avance, qu'il ne faut pas faire entrer dans le moule proposé dans la famille. Outre l'éducation, ce grand humaniste aborde dans de nombreux autres chapitres ses sujets de prédilection. L'histoire de la vie en est un. Savez-vous par exemple que l'homme possède cent milliards de neurones ? Que le bébé naissait prématurément car la grande dimension de son cerveau ne lui permettrait plus de passer par le bassin de sa mère si celui-ci continuait à se développer dans le ventre ? Voilà pourquoi nos enfants ont tant besoin de nous les premières années avant de gagner en autonomie. Encore un chiffre vertigineux : les connexions entre les neurones du cerveau se font les quinze premières années au rythme de... Deux millions de synapses par seconde !! Quant au développement du langage chez l'homme au cours de l'évolution, il est la conséquence d'une malformation naturelle qui affecte la position du larynx. Chez les primates, cet organe est situé haut derrière la gorge et leur permet de boire et respirer simultanément. L'homme ne possède pas cette capacité mais peut en échange, avec un larynx situé plus bas et qui continue de descendre jusqu'à la puberté, moduler de façon très fine les sons. Le chapitre sur le temps est passionnant. Albert Jacquard rappelle les fondements de la théorie de la relativité qui explique que le temps est une notion arbitraire dont l'écoulement varie en fonction du référentiel où il est mesuré. Par exemple, le temps s'écoule moins vite pour celui qui voyage dans un train que pour celui qui reste sur le quai. La différence est évidemment imperceptible tant elle est minuscule. A l'échelle d'une vie, le référentiel de temps peut trouver son origine à notre naissance. Equivalent à un big-bang personnel, qui est capable de se souvenir de cet instant initial qui a vu se rencontrer les gamètes de nos parents ? L'éternité est-elle à espérer devant nous ou n'est-elle tout simplement pas derrière nous ? Ainsi, selon Jacquard, nous connaissons l'éternité : elle nous sépare de notre conception. Concernant notre société de l'image, le généticien se montre inquiet quant à son impact sur les jeunes. Notre système nerveux central n'est pas adapté au déluge d'images quotidiennes qui nous envahissent. Toutes ces formes et ces couleurs qui sont d'ailleurs souvent loin d'être un complément indispensable à la compréhension du message agressent notre cerveau. Ainsi, l'image, écrit-il, désarçonne notre capacité de réaction, fascine notre regard, envahit nos neurones et leurs connexions, et structure sans nous, ou même malgré nous, notre cerveau. Albert Jacquard reprend bien évidemment les propos choquants du PDG de TF1 qui indiquait clairement son objectif en 2004 : décerveler les téléspectateurs. L'essai rappelle que son combat quotidien l'a aussi engagé dans de nombreuses luttes sociales. Le droit de propriété qui s'étale sur des générations est pour lui une aberration. Ainsi, sans produire de richesse, des héritiers bénéficient des efforts de leurs ascendants parfois lointains. La richesse entraînant la richesse par un processus d'accumulation, les inégalités ne peuvent qu'augmenter... Des systèmes politiques ont pourtant mis en place des solutions : chez les juifs par exemple, tous les cinquante ans, les biens accumulés par héritage sont "remis en jeu". Enfin, sa position contre la folie du nucléaire est à nouveau fermement martelée. L'équilibre de la terreur auquel jouent les grandes puissances mondiales l'inquiète terriblement. Jacquard rappelle notamment l'épisode des drames vécus à Hiroshima et Nagasaki lorsque le président américain Truman a voulu écraser le Japon. Et tout cela au nom de Dieu qu'en tant que chrétien il remerciait le lendemain... [Critique publiée le 16/12/10]
J A C Q U E S B R E L François Gorin - 2002 Librio - 86 pages Un ton beaucoup trop subjectif
L'idée de départ est bonne : un aperçu de la vie de Jacques Brel condensée en moins de 100 pages. L'auteur relate ainsi son enfance ennuyeuse dans la bourgeoisie belge, ses premiers cabarets à Paris, son premier contrat et la montée vers la gloire. Il poursuit par son incursion mitigée dans le cinéma et termine par sa passion pour la voile, l'aviation et son installation en Polynésie. Malheureusement, le ton trop subjectif pris par l'auteur est vite énervant. François Gorin se permet de donner son avis sur beaucoup de choses et nous fait presque culpabiliser d'aimer certaines chansons de Jacques Brel. Il se la joue intello et nous indique ce qui est bien et ce qui est raté. Mais peut-on donner un avis aussi arbitraire sur un art comme la chanson ? Chacun, selon sa propre sensibilité, se fera son opinion sur une uvre et c'est le propre de l'art justement de faire naître une multitude de sentiments du dégoût jusqu'au culte. Mais non, ici, telle chanson est puérile, telle autre est un bijou. L'album de reprise en 1972 est peu intéressant (pour ma part, je l'ai acheté car justement il me semblait important à écouter) ; mais l'auteur avoue quand même y attacher une importance sentimentale car il l'écoutait souvent dans la voiture de son père. Preuve est faite que chacun a son vécu et que celui-ci est directement lié au ressenti face à une ballade de Jacques Brel ! Bref, un livre qui est loin d'être indispensable. Dommage... [Critique publiée le 19/05/08]
B R E L : L E L I V R E D U S O U V E N I R Martin Monestier - 1978 Sand - 282 pages Une biographie sympathique du grand Jacques
Ce livre retrace la vie de Jacques Brel. On y découvre un être vrai et authentique, loin de cette société du
spectacle souvent fausse et arrogante. Au sommet de la gloire, connu dans le monde entier, Jacques Brel a décidé de tout arrêter par peur de ne plus être vrai comme à ses débuts, par peur de devoir tricher... Loin de toute l'agitation médiatique, il partit à bord de son voilier à destination des îles Marquises. Là, il vécut avec sa nouvelle femme dans une toute petite maison modeste, profita de son temps libre pour lire énormément et aller à la rencontre des autochtones. Il s'acheta également un avion pour assurer la liaison avec d'autres îles de l'archipel et développer ainsi les conditions de vie des habitants de ces terres oubliées du Pacifique. En 1978, Jacques Brel fera un retour furtif à Paris pour y enregistrer son ultime disque. Le livre raconte l'enjeu extraordinaire dont ces nouvelles chansons ont fait l'objet. L'auteur nous propose également la retranscription des échanges radiophoniques entre le chanteur et Jacques Chancel, enregistrés en 1973 dans la célèbre émission "Radioscopie". Evidemment, la version écrite manque de dynamisme et de mouvement, la voix chaude et rassurante de Jacques Brel étant si agréable à entendre.
L A M A I S O N D E S M A R E E S Kenneth White - 2005 Albin Michel - 282 pages Images du Trégor par le poète écossais
Il a beau être écossais, il est devenu un voisin... Kenneth White a grandi et fait ses études au pays du Whisky et des Mac. Puis, il est arrivé en
France, à Pau dans un premier temps. Depuis 1983, il s'est installé à Trébeurden sur la côte nord de la Bretagne. Avec sa femme, il s'est aménagé son atelier atlantique comme il l'appelle ; une vieille longère entièrement rénovée sur les hauteurs de Trébeurden, au milieu de la campagne et face à la mer. Alors forcément, lorsqu'il écrit un livre sur son nouveau domaine, tout lannionnais qui se respecte se doit de l'acheter... Et quel plaisir de découvrir ce personnage, poète, écrivain, philosophe, contemplateur de la nature. C'est un bouquin facile d'accès qui parle de choses simples, de plaisirs et de coups de gueule parfois. Mais derrière cette apparente simplicité se nichent des pistes de réflexion plus complexes sur le but de l'homme dans la vie, la voie à emprunter vers une certaine sérénité. Tout cela reste bien sûr très subjectif mais Kenneth White, lui, semble mener son propre chemin à travers les textes (les siens mais aussi ceux des autres) et les longues marches au contact de la nature. Il nous raconte des anecdotes croustillantes sur sa relation avec elle. Ainsi, cette sorte de rituel qu'il honore régulièrement sur le sentier entre Trébeurden et Beg-Léguer, au bosquet des Cinq Pins. Ce lieu lui inspire un sentiment de méditation musicale. Il aime s'allonger le dos contre un tronc au soleil, puis poser ses mains sur l'écorce rugueuse des pins et il finit toujours en enlaçant le dernier dans ses bras. L'homme sait garder le ton de l'humour tout au long du livre, qualifiant cette dernière pratique de vraiment ridicule. Mais les lecteurs qui comprennent ce lien charnel avec les éléments naturels seront sensibles à ce besoin. Connaissant parfaitement tous les lieux qu'il décrit, j'ai "bu" ce livre comme un cocktail de fruits frais. Le bar de l'Ouest, à Lannion, et les perruches bruyantes de la cheminée. La Micheline entre Lannion et Plouaret puis le train à compartiments entre Rennes et Brest. La poésie qui se dégage de Brest, cette ville magique du bout du monde. Morlaix, blottie sous son aqueduc. Paimpol et ses histoires de pêcheurs d'Islande qui rôdent encore dans chaque ruelle sombre. Tréguier et sa cathédrale face à la statue de l'écrivain Ernest Renan. Huelgoat, où l'on retrouvera un beau jour de 1919 l'écrivain Victor Segalen, mort, un exemplaire de Hamlet à la main. Bref, un essai bien écrit, qui ramène aux choses fondamentales de l'existence (Kenneth White aime la pluie et les promenades par mauvais temps, ça rassure), qui fait rêver aussi par cet homme se nourrissant de livres toute l'année, qui a parfois besoin d'une grande solitude, et qui partage une relation quasi amoureuse avec la terre. White conclut son livre par cette image toute puissante : Je préfère ne pas parler du paradis [...] mais ce que je peux dire, c'est que ces journées passées à Ouessant resteront dans mon esprit comme des pages de soleil, de terre, de mer et de vent dans une bible de la biosphère. [Critique publiée le 27/10/07]
T C H E R N O B Y L : A P R E S L ' A P O C A L Y P S E Philippe Coumarianos - 2000 J'ai Lu - 158 pages Effrayant mais bien réel
Ce court livre dresse un état des lieux de cette terrible catastrophe qui a touché l'Europe un beau jour du mois d'avril 1986.
C'est tout simplement terrifiant. L'explosion du réacteur de Tchernobyl reste l'une des plus grandes catastrophes humaines aux côtés des guerres. Cet essai est aussi une critique du bloc soviétique communiste des années 80 qui cachait tout, minimisait les problèmes et niait l'homme en tant qu'individu. C'est la Suède qui détecta un taux de radioactivité anormalement élevé sur son territoire et alerta l'opinion internationale de la gravité du problème. Les russes ont commencé par refusé l'aide américaine en prétextant que tout "allait" bien. L'URSS ne pouvait accepter d'être inférieure à une quelconque autre nation. Elle envoya en réalité des centaines de milliers de "liquidateurs" éteindre le cur du réacteur. Beaucoup moururent ou souffrent aujourd'hui de multiples affections invalidantes. Les témoignages publiés dans ce livre sont choquants : ils décrivent l'effet des radiations sur le corps humain, de la peau légèrement brunie jusqu'à la mort dans une atroce souffrance. L'Ukraine, La Biélorussie et la Russie continuent aujourd'hui de payer un lourd tribut : des milliers de personnes souffrent en silence et aucun responsable n'a jamais vraiment été identifié... Tchernobyl reste encore un problème complexe. Ainsi, le premier sarcophage construit à la hâte menace de s'écrouler et la construction d'un nouveau, faute de crédits (un milliard de dollars sont nécessaires), s'éternise. Enfin, ce livre pose sans complexe le débat autour du nucléaire. Même si les technologies aujourd'hui utilisées en France sont différentes de celle de Tchernobyl, sommes-nous vraiment en mesure de contrôler une centrale nucléaire pendant toute sa durée de vie ? N'est-ce pas une cible rêvée pour les terroristes ? Quelles solutions pour les déchets radioactifs ? Comment assurer le démantèlement à la fin de l'exploitation ? Des questions dont les réponses sont inconnues et qui pourtant n'empêchent pas le développement croissant du parc nucléaire dans beaucoup de pays ! Avant la catastrophe de Tchernobyl, les plus grands scientifiques russes affirmaient qu'un accident était absolument impossible. Il a pourtant eu lieu et les conséquences sont désastreuses.
N O U V E A U T O U R D U M O N D E D ' U N E C O L O G I S T E Jean-Marie Pelt - 2005 Fayard - 273 pages La vision d'un botaniste sur l'état de notre planète à travers des exemples bien choisis
Jean-Marie Pelt, botaniste, nous livre un essai très intéressant sur l'état de notre planète.
S'appuyant sur des exemples bien précis, il nous montre à quel point l'action de l'homme sur les équilibres naturels a une action néfaste. Le voyage commence par Tenerife, cette île des Canaries qui représente, d'après l'auteur, une Terre miniature par la diversité de sa flore et de ses paysages. Selon lui, un visiteur pressé sur notre planète pourrait se contenter de visiter Tenerife ! La lecture de ce livre nous apprend également la différence entre la forêt et la prairie, deux types d'écosystème que l'homme a su adapter pour obtenir une rentabilité maximale à ses besoins. Après un panorama de quelques catastrophes écologiques et la preuve de la responsabilité de l'homme dans leur déclenchement (exemple de l'île de Haïti où le défrichement des terres a provoqué de terribles inondations), Jean-Marie Pelt nous invite au Bhoutan, ce petit pays coincé entre l'Inde et la Chine. Contrairement à ses deux voisins tournés vers le "modèle" américain, le Bhoutan privilégie le bien-être de ses habitants en tentant d'augmenter le "Bonheur National Brut" et non le "Produit National Brut" ! S'appuyant sur la religion du bouddhisme, ce petit pays riche d'un environnement naturel extraordinaire fait du développement durable une priorité quotidienne et devrait devenir le modèle de tous les pays riches.
L E S C H E M I N S D E T R A V E R S E Nicolas Hulot - 1989 France Loisirs - 261 pages Où Nicolas Hulot raconte les drames de sa jeunesse
Dans ce premier livre, Nicolas Hulot nous livre beaucoup de secrets en relatant les événements qui l'on conduit vers cette
soif permanente d'aventures et de découvertes. Fils d'une famille bourgeoise, Nicolas a perdu son père (d'un cancer) pendant son adolescence. A dix-huit ans, le soir du réveillon de Noël, il découvrira son frère, mort par suicide, enroulé dans un tapis dans la cave sombre de l'immeuble. Et, alors qu'il était tout jeune trentenaire, il verra partir sa mère elle aussi d'un cancer. Beaucoup de tragédies qui lui ouvriront les yeux sur la nécessité de vivre. Une volonté également de retrouver un peu les traces de son père, ancien chercheur d'or et ami du célèbre "Papillon". Un désir fort de couper les ponts avec la famille de sa mère qu'il surnomme les "Loden-Lacoste", constituée de personnages aimant l'argent, la gloire, le paraître. Nicolas Hulot nous raconte ainsi ses premiers pas dans le monde du journalisme en tant que photo reporter pour l'agence de presse Sipa. Puis, viennent la découverte de l'Afrique Australe, les premiers grands voyages qui vont devenir une drogue, les défis sportifs qu'il fera vivre en direct sur l'antenne de France Inter, le Paris-Dakar, le ralliement du Pôle Nord en ULM avec le parrainage de Paul-Emile Victor, ...
E T A T S D ' A M E Nicolas Hulot - 1991 Le Livre de Poche - 412 pages Voyage d'un bout à l'autre de la planète
En un nombre impressionnant de cours chapitres, Nicolas Hulot nous livre des tranches de vie au quotidien. De Nairobi au Costa Rica, en
passant par le Québec ou la Bretagne, il nous fait voyager autour du monde. Ses réflexions concernent beaucoup de sujets, certains
graves, d'autres plus légers. Il nous parle de la protection de la nature bien sûr mais aussi de la guerre et plus généralement
de la bêtise humaine sous toutes ses formes. Il nous raconte ses peurs, ses joies, ses réussites et ses échecs.
Sa vie aventureuse nous fait vite rêver mais l'homme sait rester humble et garder un il critique sur ses rencontres et ses expériences. Comme toujours de sa part, un livre très prenant...
Q U E S T I O N S D E N A T U R E Nicolas Hulot - 1995 Pocket - 273 pages Sages réflexions sur notre planète
Un bouquin pour ceux qui s'émerveillent des trésors de la nature.
Les livres de Nicolas Hulot comportent souvent de petites citations qui font réfléchir. Ainsi, sur la frustration que l'homme rencontre à tout vouloir connaître, Paul-Emile Victor aimait dire : La connaissance, quelques lacunes dans l'ignorance.... Ou bien encore, ces mots prononcés par le chef sioux Flying Hawk : L'homme blanc construit une grande maison, qui coûte beaucoup d'argent, ressemble à une grande cage, ne laisse pas entrer le soleil et ne peut être déplacée ; elle est toujours malsaine. Les Indiens et les animaux savent mieux vivre que l'homme blanc ; personne ne peut-être en bonne santé sans avoir en permanence de l'air frais, du soleil, de la bonne eau. Si le Grand Esprit avait voulu que les hommes restassent dans un endroit, il aurait fait le monde immobile ; L'homme blanc n'obéit pas au Grand Esprit. Voilà pourquoi les Indiens ne peuvent être d'accord avec lui. Le baroudeur Hulot justifie aussi son aversion pour la chasse lorsqu'elle est source de plaisir : Trop de regards animaux se sont reflétés dans mes propres yeux et ont imprégné à jamais mes pensées pour que je reste étranger à leur sort.
A M E S R I S Q U E S E T P L A I S I R S Nicolas Hulot - 1998 France Loisirs - 243 pages Les coulisses des années Ushuaïa
Nicolas Hulot revient en arrière sur ses années à la tête de l'émission culte Ushuaïa. Il nous raconte un tas d'anecdotes, de cascades
qui paraissent improbables, de la sécurité sur les lieux de tournage, de certaines situations vraiment difficiles, du rythme de vie
effréné car naviguant sans cesse entre les pays les plus reculés de la planète.
Il nous parle également de l'époque de la création de sa Fondation. Chirac, qui, à sa grande surprise, l'appelle un beau jour souhaitant le rencontrer. Ou bien encore son entretien avec Rocard (qui avait reconduit le traité de l'Antarctique dont tout le monde se fichait) qui allie selon lui la simplicité, l'humilité et l'intelligence. Il aborde aussi une question épineuse pour beaucoup de ses détracteurs : les soutiens de sa Fondation que sont les grands groupes Rhône-Poulenc, L'Oréal, EDF, ... Selon lui, il faut choisir la voie diplomatique car ces industriels ne sont-ils pas les mieux placés pour trouver des solutions aux problèmes qu'ils ont générés ? Le livre se termine par l'évocation, sur plusieurs chapitres, de la formidable aventure Okavango. Le but recherché était, après avoir survolé la planète dans l'émission phare précédente, de se consacrer à un continent précis et d'approfondir sa découverte ainsi que, pour Nicolas Hulot, de se construire enfin une vie plus sédentaire. Un livre croustillant pour les inconditionnels de l'écologiste. [Critique publiée le 14/10/07]
P O U R Q U E L A T E R R E R E S T E H U M A I N E Nicolas Hulot / Robert Barbault / Dominique Bourg - 1999 France Loisirs - 171 pages Petit précis d'écologie
Trois voix unies pour dénoncer la destruction de la nature par l'homme. Un livre simple qui aborde de grands sujets
d'écologie de façon claire.
On y apprend par exemple que les forêts tropicales occupent actuellement 7% de la surface des terres et rassemblent à elles seules la moitié de la diversité génétique ! Les auteurs abordent également le sujet des OGM et montrent les limites actuelles de cette forme d'agriculture agressive envers la culture biologique par exemple. C'est l'un des exemples où le principe de précaution n'est pas appliqué.
G R A I N E S D E P O S S I B L E S Nicolas Hulot / Pierre Rabhi - 2005 Calmann Lévy - 283 pages Un dialogue qui donne espoir
Ce livre retrace l'échange passionnant entre le journaliste bien connu Nicolas Hulot et Pierre Rabhi, défenseur de l'agroécologie
et penseur français auteur de nombreux livres.
Issus d'univers totalement différents et ayant suivi des parcours à l'opposé l'un de l'autre, les deux hommes se rejoignent pourtant sur leur façon d'appréhender la vie aujourd'hui. Leur longue discussion s'articule en différents chapitres qui abordent autant de thèmes variés avec un accent particulier apporté tout de même aux sujets de l'agriculture, de l'Afrique et de la consommation. Pierre Rabhi n'a de cesse de défendre le métier de paysan au sens le plus noble du terme : l'amour de la terre nourricière, le respect des cycles de la vie, l'éloge de la lenteur. L'agriculture intensive telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui par beaucoup va à l'encontre de cette sensibilité et met carrément en danger la vie de l'homme. En 1962 déjà, une scientifique américaine mandatée par le gouvernement Kennedy, dénonçait les risques énormes liés à l'utilisation massive du DDT (un pesticide). Aujourd'hui, les conséquences dites "CMR" (cancérogènes, mutagènes et repro-toxiques) de notre mode d'alimentation sont de plus en plus visibles malgré les illères des grands dirigeants. Actuellement, sur cent mille molécules chimiques commercialisées, cinq mille sont évaluées sur le plan toxicologique et environ une centaine le sont sur leurs conséquences à provoquer des cancers. Dans quasiment tous les cas, seule la toxicité immédiate est étudiée. Sur le sujet de la consommation, les deux auteurs fustigent le rôle de la publicité qui joue sur la frustration de l'être humain en le maintenant en permanence dans l'illusion du manque au sein même de l'abondance de biens. Ainsi, aujourd'hui, 80% des produits vendus sont jetés après une seule utilisation. Evidemment tout est lié et des études ont montré qu'il était possible de réduire par quatre ou cinq la consommation d'énergie simplement en consommant mieux nos produits et en organisant de nouvelles filières, moins gourmandes sur les plans écologique et énergétique. Hulot et Rabhi nous invitent aussi à repenser notre alimentation par ce constat simple : un buf doit manger dix kilogrammes de céréales pour produire un kilogramme de viande. Parallèlement, c'est plus de la moitié des surfaces agricoles dans le monde qui sont mises à profit pour produire des céréales à destination du bétail. Connaissant le problème de la faim dans certains pays, manger de la viande dans nos pays riches devient un luxe plus qu'une nécessité. Cet essai répond à de nombreuses questions toutes plus passionnantes les unes que les autres. Ainsi, doit-on s'inquiéter de la disparition annoncée des éléphants au Congo et au Gabon ? Evidemment, car ceux-ci jouent un rôle primordial dans la dispersion des graines des principaux arbres de la forêt tropicale. Et maintenir en vie la forêt, c'est maintenir en vie l'homme qui en dépend. Toutes les espèces animales, végétales et même minérales ont leur place dans l'écosystème planétaire. Jouer avec leur existence comme le fait souvent l'homme de façon brutale amènera des menaces fatales. En 1997, "Nature" a démontré que la valeur économique des services écologiques rendus par l'environnement était largement supérieure à la valeur de l'ensemble de l'économie humaine. Concernant la religion, l'église est la grande absente de ce combat. Depuis St François d'Assise, aucun message n'a été lancé pour favoriser la protection de l'environnement. Dans les Evangiles, aucun précepte formel n'est évoqué contre la cruauté envers les animaux. Pire, ils auraient même été créés pour l'utilité ou le plaisir de l'homme. Notre retard écologique est certainement lié en partie à cet héritage de concepts religieux ambigus. Enfin, la trajectoire dramatique de l'Afrique est évoquée. Ce continent, dépositaire de techniques agricoles ancestrales, a subi de plein fouet les effets nocifs du colonialisme. Les notions d'argent, de commerce et de rendement ont été apportées par des agronomes qui ont rendu dépendants les paysans africains aux engrais et pesticides. Distribués gratuitement au début au sein de coopératives, ces produits sont rapidement devenus payants. Pour de pauvres cultivateurs africains, une avance sur récolte a été nécessaire pour payer ces nouveaux frais. Cela a signé le début d'un long processus d'endettement avec des produits aux prix indexés sur le cours du dollar américain. L'autre erreur des états colonisateurs a été de découper de manière arbitraire le continent qui s'était naturellement organisé en strates horizontales selon les différents biotopes liés aux zones climatiques. Des pays, comme le Soudan par exemple, ont été organisés dans le sens vertical semant une confusion culturelle et sociale au sein des ethnies réparties différemment depuis des millénaires. Les guerres civiles actuelles sont les conséquences de ces découpages. Il faut lire ce livre car il donne espoir et montre qu'une résistance s'organise dans notre société folle qui ne raisonne plus qu'en terme de profit et de croissance. La nature humaine utilisera-t-elle ses meilleurs atouts pour redonner un sens à nos vies d'occidentaux déphasés ? [Critique publiée le 04/11/09]
V I C T O I R E S U R L ' E X C I S I O N Hubert Prolongeau - 2006 Albin Michel - 233 pages Enquête sur un sujet tabou
Ce livre document brosse le combat de Pierre Foldes, médecin, qui "répare" les femmes excisées.
L'auteur dresse le tableau d'une situation terrible qui est encore malheureusement bien présente dans certains pays : aujourd'hui, quatre femmes par minute sont excisées, cent trente millions sont mutilées dans le monde, 97% des égyptiennes passent par cette douloureuse intervention. Tradition séculaire sur le continent africain, cette opération, parfois réalisée avec un tesson de bouteille dès le plus jeune âge, touche indifféremment les pays de religion musulmane ou chrétienne comme l'Ethiopie. Hubert Prolongeau soulève également le débat du choc des cultures et pose le problème de l'ingérence : doit-on essayer de faire appliquer un universalisme des droits de l'homme ou doit-on respecter le particularisme des cultures régionales ? Toujours est-il qu'outre cette question, le médecin humanitaire, lui, aide ces femmes en souffrance et leur ouvre une vie meilleure. Ce titre a obtenu le Prix Essai France Télévisions 2006 remis par vingt-quatre jurés, dont Makibook, sous la présidence de Bernard Pivot.
N E G R E J E S U I S , N E G R E J E R E S T E R A I Aimé Césaire - 2005 Albin Michel - 148 pages Un chaud plaidoyer pour la fierté de ses origines
A travers cet entretien avec l'universitaire Françoise Vergès, on découvre la position du poète
Aimé Césaire sur l'identité des anciennes colonies françaises.
Associé à la "loi de départementalisation" (1946) qui a transformé les colonies de la Guadeloupe, Guyane, Martinique et Réunion en Départements d'Outre-Mer (DOM), Aimé Césaire est devenu le porte-parole de la négritude dans le monde. Il soulève le problème de l'esclavagisme, des plantations, du travail forcé organisés à grande échelle par les européens aux XVIIe et XVIIIe siècles. A ses yeux, la France aura une dette à vie envers son peuple. Il s'inquiète également du devoir de mémoire et de la question noire qui, à travers la traite et l'esclavage, occupe une position marginale dans le récit national des Antilles. Fier de son identité, Césaire dénonce le poids du statut de colonisé et fait remarquer la riche culture de son pays comme la langue créole par exemple. La deuxième partie du livre est une analyse du post-colonialisme écrite par Vergès. Son jargon d'historienne rend la lecture laborieuse et contraste fortement avec les paroles claires du poète.
L ' A M E S E U L E Hervé Vilard - 2006 Fayard - 385 pages La mode des biographies continue...
A travers l'évocation de sa jeunesse, le chanteur Hervé Vilard nous conte son errance dans les méandres
de l'Assistance Publique.
Placé dans une famille paysanne ou dans un milieu bourgeois, il sera finalement et miraculeusement recueilli par Daniel Cordier qui sera son mentor et lui ouvrira les portes d'une carrière dans le show-biz. Son histoire rocambolesque nous dévoile son intimité, ses frasques et ses succès. Sa passion pour Dalida, sa rencontre autour d'un saucisson avec La Callas, sa fréquentation de Malraux sont autant d'anecdotes sympathiques à lire. Sa vision presque surnaturelle de Jacques Brel sur scène reste un beau souvenir : A l'Olympia, j'ai vu un dieu moitié démon, cracher et se battre à mains nues [...]. Au pied du micro, sa transpiration forme une flaque traversée par son ombre. Il vide ses poumons dans l'humanité. Je n'en ai pas dormi de la nuit.
L ' A C C E N T U N E L A N G U E F A N T O M E Alain Fleischer - 2005 Seuil - 170 pages Réflexions accessibles sur un sujet pointu
L'accent est peut-être exactement le lieu de la tolérance.
Alain Fleischer nous invite à nous interroger sur le pouvoir de l'accent, ses modes d'apparition, sa nature infinie. Autour des concepts de langue première et langue seconde, il ouvre une problématique à un concept plutôt complexe. Son enfance dans un milieu riche en diverses langues étrangères l'a fortement sensibilisé à cette question. Il nous explique le côté chewing-gum de l'anglais qui supplante l'idée reçue selon laquelle son universalité dépendrait uniquement de la puissance économique des Etats-Unis. Une étude précise de l'accent dans le cinéma (impact des vo, vf, doublages) vient clore le livre. On découvre entre autres que le doublage en français des péripéties de Laurel & Hardy a apporté un enrichissement sur le plan comique.
L A D E R N I E R E F E M M E Jean-Paul Enthoven - 2006 Grasset - 221 pages Une écriture belle comme de la dentelle
Ce qui me plaît, c'est quand on met le moins de mots possible entre la rencontre et ce qui doit suivre.
C'est le genre de phrases qui ponctuent ce livre. Chacune a, dirait-on, été ciselée dans de la dentelle. Enthoven manie avec dextérité notre langue. Il s'amuse, pour mieux comprendre nos contemporaines, à brosser le portrait de huit femmes célèbres et disparues depuis bien longtemps déjà. On plonge ainsi dans les vies étonnantes et souvent dépravées de Zelda Fitzgerald, Françoise Sagan ou encore Nancy Cunard. L'auteur sait observer les travers de l'âme humaine et se tord également l'esprit en tant qu'homme si proche et si loin à la fois de la sensibilité féminine. Il nous fait regretter de ne pas avoir connu l'actrice Françoise Dorléac et jalouse terriblement ses amants : Ils avaient, ils ont, le prestige des héros qui, ayant su se faire aimer ou désirer par une créature céleste, ont connu des plaisirs inaccessibles aux humaines ordinaires. A la fin de ces évocations, le lecteur termine l'ouvrage par une femme bien présente : l'italienne Flaminia. Enthoven se plaît à cultiver le mystère autour de cette sublime créature. Il parvient à nous faire imaginer une rencontre plus que sensuelle uniquement à travers de fines suggestions. S'imaginant entre l'amant et le mari de cette femme, il écrit : On est troisième larron comme Louis Jourdan était french lover dans les vieux films américains.
P R I X L I T T E R A I R E Prix Littéraire France Télévisions 2006
21 janvier 2006 : suite à l'appel lancé par Bernard Pivot, envoi d'une lettre de motivation pour faire partie du jury qui décernera le Prix Littéraire France Télévisions 2006. Deux catégories sont représentées par cette récompense : l'Essai et le Roman. Vingt-cinq membres vont être choisis pour chaque catégorie sur plus de deux mille candidatures. 10 février 2006 : promu juré pour la catégorie Essai et convoqué le 17 mars au Salon du Livre à Paris, j'ai cinq semaines pour lire les cinq uvres nominées. 17 mars 2006 : jour de l'ouverture du Salon du Livre. La délibération s'y déroule de 10h à 12h. Elle est présidée par Bernard Pivot. Sont également présents les animateurs Olivier Barrot, Frédéric Ferney, Geneviève Moll, Jean-Jacques Peyraud, Philippe Lefait, Monique Atlan et Daniel Picouly. Les jurés prennent tour à tour la parole pour défendre leur livre préféré. Un premier tour de vote est organisé. Le livre de Hervé Vilard, "L'âme seule", est immédiatement éliminé. Entre chaque tour, les jurés débattent pour faire l'éloge d'un essai encore en course ou critiquer le choix des autres. Les animateurs n'ont pas le droit d'intervenir, ils sont là en tant qu'observateurs uniquement. Seuls les jurés peuvent prendre la parole. Après les éliminations successives de "Nègre je suis, nègre je resterai" puis de "L'Accent une langue fantôme", les deux livres en tête sont "La dernière femme" et "Victoire sur l'excision". Ce dernier aura le prix. Durant la semaine suivante, un clip TV est diffusé sur toutes les chaînes du groupe France Télévisions plusieurs fois par jour. Il fait la promotion du livre lauréat et montre quelques images des jurés qui délibèrent.
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